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CommuniquéRésilience climatiqueJustice de l'eau

Les inondations deviennent des crises de l'eau : l'AYWF appelle à des systèmes d'eau résilients au climat

Par Communication de l'AYWF

Le Forum Africain de la Jeunesse pour l'Eau (AYWF) appelle les gouvernements, les partenaires au développement et les communautés de toute l'Afrique à renforcer d'urgence des systèmes d'eau et d'assainissement résilients au climat, à la suite d'inondations dévastatrices qui ont touché des milliers de personnes au Ghana, au Togo et au Nigéria.

Les récentes catastrophes liées aux inondations en Afrique de l'Ouest ont une fois de plus révélé la vulnérabilité des sources d'eau potable, des installations sanitaires et des infrastructures publiques face aux phénomènes météorologiques extrêmes. Au-delà de la destruction immédiate des habitations et des routes, les inondations continuent de contaminer les puits, les forages et les toilettes publiques, exposant des millions de personnes à des maladies d'origine hydrique telles que le choléra, la fièvre typhoïde et les infections diarrhéiques.

Ce ne sont pas des urgences isolées. Ce sont des avertissements clairs des impacts croissants du changement climatique sur la sécurité hydrique de l'Afrique.

Une crise humanitaire grandissante

Au Ghana

De récentes pluies torrentielles ont provoqué de graves inondations à Accra, faisant au moins 13 morts, déplaçant des familles, endommageant des habitations, des commerces et des infrastructures essentielles, et contaminant les sources d'eau potable. Le gouvernement du Ghana — à travers la NADMO, le Service national des pompiers, les Forces armées, le Service de police, le Service national d'ambulance et les autorités locales — a mené de vastes opérations de secours et d'assistance. Pour soutenir le relèvement, le président John Dramani Mahama a ordonné le déblocage de 300 millions de GH¢ du Fonds de prévoyance, suivi de l'approbation de 350 millions de GH¢ au titre du Programme national d'intervention d'urgence contre les inondations, dont 200 millions de GH¢ pour les secours d'urgence et 150 millions de GH¢ pour l'atténuation des inondations. L'AYWF salue ces efforts tout en appelant à un investissement soutenu dans des infrastructures hydriques résilientes au climat, l'amélioration des systèmes de drainage et la réduction des risques de catastrophe afin de protéger les vies et de garantir l'accès à une eau sûre.

Au Togo

Les fortes pluies qui ont frappé le Grand Lomé les 29 et 30 juin 2026 ont touché 23 747 personnes dans 13 communes. Les évaluations officielles font état de 5 morts, 37 blessés, 683 habitations détruites, 390 maisons dont les toits ont été arrachés, ainsi que de dégâts causés à des écoles et des églises. Les besoins d'assistance humanitaire sont estimés à 304,86 millions de francs CFA, l'aide alimentaire d'urgence et les articles ménagers essentiels étant identifiés comme des priorités immédiates.

Au Nigéria

Les inondations demeurent l'une des catastrophes climatiques les plus récurrentes du pays. Selon l'Agence nationale de gestion des urgences (NEMA), la saison des inondations de 2025 a touché 459 995 personnes dans 27 États et 128 zones de gouvernement local, coûté la vie à 241 personnes et endommagé des milliers d'habitations et d'infrastructures essentielles. Alors que le Nigéria entre dans une nouvelle saison des pluies, les autorités continuent de mettre l'accent sur la préparation et une action coordonnée pour réduire les risques d'inondation et protéger les communautés vulnérables.

De la réponse d'urgence à la prévention

L'urgence de protéger les infrastructures hydriques est d'autant plus grande que plus de 411 millions de personnes en Afrique subsaharienne n'ont toujours pas accès à des services d'eau potable gérés en toute sécurité, selon le Programme commun OMS/UNICEF de suivi (JMP). Lorsque les inondations contaminent des sources d'eau déjà limitées, les communautés deviennent nettement plus vulnérables au choléra, à la typhoïde et à d'autres maladies d'origine hydrique.

Si l'AYWF salue les gouvernements, les secouristes, les agences humanitaires et les bénévoles pour leur réponse rapide auprès des communautés touchées, le Forum estime que l'Afrique doit dépasser la réponse d'urgence pour investir durablement dans des infrastructures d'eau, d'assainissement et de drainage résilientes au climat. Protéger les sources d'eau avant que les catastrophes ne surviennent est l'un des moyens les plus efficaces de préserver les vies, la santé publique et le développement durable.

Une inondation ne devrait jamais devenir une condamnation à mort ou une urgence de santé publique simplement parce que des communautés manquent de systèmes d'eau résilients. Chaque inondation qui contamine un puits ou un forage nous rappelle que la résilience climatique commence par une eau sûre. L'Afrique doit passer de la réaction aux catastrophes à l'investissement dans la prévention avant la prochaine inondation.

M. Joseph Tettey Afangbe — Coordonnateur, Forum Africain de la Jeunesse pour l'Eau

Un signal d'alarme continental

Si les récentes inondations ont touché le Ghana, le Togo et le Nigéria, des catastrophes similaires liées au climat deviennent de plus en plus fréquentes à travers l'Afrique. Des communautés de l'Afrique de l'Est à l'Afrique australe font face à des risques croissants, tandis que des pluies extrêmes submergent des systèmes de drainage vieillissants, des forages mal protégés, des puits peu profonds et des infrastructures sanitaires qui n'ont jamais été conçus pour résister au climat changeant d'aujourd'hui.

Ce qui s'est produit à Accra, à Lomé et dans des communautés du Nigéria pourrait se produire partout sur le continent. L'AYWF estime que la protection de l'eau potable doit devenir un pilier central de l'adaptation au climat et de la préparation aux catastrophes.

L'AYWF appelle les gouvernements africains à :

  • Cartographier et évaluer les puits, forages et installations sanitaires situés dans les communautés exposées aux inondations avant chaque saison des pluies.
  • Investir dans des infrastructures hydriques résilientes au climat, notamment des plateformes de puits surélevées, des forages protégés, des systèmes de drainage améliorés et des installations sanitaires résistantes aux inondations.
  • Établir des plans d'intervention d'urgence en eau potable capables de fournir de l'eau propre immédiatement après les inondations.
  • Intégrer la sécurité de l'eau dans les systèmes nationaux d'alerte précoce contre les inondations.
  • Accroître l'investissement dans l'éducation communautaire sur le traitement de l'eau à domicile, l'hygiène et la préparation aux inondations.

Le Forum appelle les partenaires au développement et les institutions régionales à :

  • Accroître le financement des infrastructures d'eau et d'assainissement résilientes au climat à travers l'Afrique.
  • Soutenir la collaboration transfrontalière sur la préparation aux inondations et la sécurité hydrique.
  • Renforcer la collecte de données et les systèmes d'alerte précoce pour les urgences hydriques liées au climat.
  • Investir dans l'innovation, la recherche et l'action communautaire menées par les jeunes, qui bâtissent une résilience à long terme.

La justice de l'eau ne peut pas attendre

L'Afrique ne peut pas continuer à reconstruire les mêmes systèmes d'eau vulnérables après chaque inondation. Le continent doit passer de la réponse d'urgence à la prévention en investissant dans des infrastructures capables de protéger l'eau potable avant que les catastrophes ne surviennent.

L'AYWF exhorte les gouvernements, l'Union africaine, les Communautés économiques régionales, les partenaires au développement, la société civile et le secteur privé à considérer les récentes inondations comme un avertissement et à agir de manière décisive avant que de futures catastrophes climatiques ne mettent encore plus de vies en danger. Protéger l'eau potable aujourd'hui, c'est protéger la santé, l'éducation, les moyens de subsistance et la dignité de demain.

Contact médias

M. Joseph Tettey Afangbe — Coordonnateur, Forum Africain de la Jeunesse pour l'Eau

Courriel : josephafangbe@yvlghana.org · africanyouthwaterforum@gmail.com

Téléphone : +233 24 750 2614

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